Procès choc : un encadrant accusé de tortures sur neuf handicapés
Le tribunal se penche sur l’un des dossiers les plus sombres du secteur médico-social. Un ancien encadrant d’établissement spécialisé comparaît pour des faits d’une extrême gravité commis sur des personnes en situation de handicap.
Des accusations d’une violence inouïe
Ahmed M., âgé de 49 ans, est poursuivi pour une série d’actes d’une cruauté rare. L’ancien moniteur de l’Établissement et Service d’Aide par le Travail faisait face à la justice pour des faits survenus entre 2015 et 2016.
Les charges qui pèsent contre lui sont particulièrement lourdes : viols, agressions sexuelles, violences aggravées et actes de torture ou de barbarie. Les faits se seraient déroulés dans deux villes distinctes, à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis et à Savigny-sur-Orge dans l’Essonne.
Des sévices insoutenables sur des personnes vulnérables
Les témoignages recueillis dressent un tableau glaçant. L’accusé aurait utilisé divers objets pour agresser sexuellement ses victimes : manches à balai, bâtons, outils ou encore fils de fer qu’il aurait insérés ou tenté d’insérer dans l’anus des travailleurs handicapés.
Un des plaignants a déclaré qu’un « bâton en fer » avait été enfoncé entre ses fesses alors qu’il portait encore ses vêtements. Un autre a évoqué une tentative d’introduction d’une spatule préalablement chauffée.
Les victimes auraient également subi des attouchements violents. Pour les maintenir dans le silence, Ahmed M. les aurait menacées de représailles physiques s’ils osaient le dénoncer.
Neuf victimes reconnues au procès
Le dossier judiciaire retient neuf victimes au total. Si les examens médicaux n’ont pas révélé de lésions traumatiques récentes, les évaluations psychologiques ont en revanche confirmé l’existence de traumatismes importants.
Ces constats médicaux soulignent l’impact durable des violences subies par ces personnes particulièrement vulnérables, placées sous la responsabilité de celui qui était censé les accompagner.
Une défense qui nie en bloc
Face aux accusations, l’ancien moniteur conteste l’intégralité des faits qui lui sont reprochés. Sa stratégie de défense consiste à remettre en cause la crédibilité de certains plaignants.
Il qualifie notamment deux des victimes de « menteur » et de « manipulateur ». L’accusé avance également l’hypothèse que des tensions avec une collègue pourraient être à l’origine de ce qu’il considère comme un complot.
Un parcours judiciaire déjà entamé
Ahmed M. avait été placé en détention provisoire avant d’être libéré sous contrôle judiciaire dès le début de l’année 2018. Cette mesure lui a permis d’attendre son procès en liberté surveillée.
Il nie par ailleurs avoir incité quiconque à dégrader des biens, malgré des accusations portant sur des dégradations de véhicules liées à cette affaire.
Une procédure critiquée pour sa lenteur
Me Sarah Mauger-Poliak, qui représente les victimes, déplore le temps écoulé depuis les premiers signalements. La lenteur de la justice contraste avec l’urgence ressentie par les personnes qui ont subi ces violences.
L’établissement, défendu par Me Mathieu Hénon, a manifesté son soutien aux victimes dès 2016 en signalant les faits aux autorités compétentes. L’association a choisi de se constituer partie civile par solidarité avec les plaignants.
Un verdict attendu
Le procès, qui s’est ouvert devant le tribunal, devrait se poursuivre jusqu’au 20 octobre. L’avocat d’Ahmed M. n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur ce dossier.
Les conclusions de cette audience détermineront le sort judiciaire de cet ancien encadrant accusé d’avoir transformé un lieu d’accompagnement en espace de terreur pour des personnes en situation de handicap.

